Courtrai - 11 juillet 1302

 

 
 

 

Les opérations navales de la Guerre de Cent ans

 

 

 

 

 

 

 

Le peuple effrayé délègue aussitôt des émissaires vers les rebelles pour que ces derniers viennent à leur aide. À l'aube du 18 mai, alors que tout est encore endormi, les premiers rebelles entrent en ville ... Comment leur intrusion discrète fut-elle possible? N'oublions pas que les travaux de démolition des remparts et le comblement des fossés sont en cours et qu'il existe par conséquent de multiples brèches que l'on ne peut surveiller. Aussitôt les conjurés tuent les sentinelles et se joignent aux Klauwaerts qui les attendaient. Au cri de ralliement « Scilt en de Vrient » (voir le paragraphe à ce sujet) les Flamands se jettent sur les hommes de faction ou ceux qui sont encore endormis. Dans la pénombre, c'est le massacre! Soldats, chevaliers français, patriciens, nul n'est épargné. Dans les habitations comme dans le caniveau des rues, le sang coule, poisseux et dense. Combien tombent ainsi sous la violence populaire? Il est très difficile à déterminer même si l'on pense qu'ils furent près de 200, parmi lesquels pas mal de chevaliers. Certaines sources annoncent 1 500 morts et 100 prisonniers du côté français mais ces chiffres sont probablement exagérés. Jacques de Châtillon et Pierre Flotte n'ont que le temps de s'échapper et de rallier Courtrai où ils s'enferment dans le château.

Ce massacre, connu sous le nom de Mâtines brugeoises, a laissé des souvenirs dans l'Histoire autant par son importance que par sa brutalité. Les contemporains flamands l'ont aussi appelé « Goeien Vridag» ou « bon vendredi ». Le terme de Mâtines n'apparaît qu'au XIXe siècle dans le vocabulaire des historiens.

Ces actes commis, la paix ne peut plus se faire entre le roi et les sujets de Bruges. Cette insulte, considérée comme un guet-apens, ne sera jamais pardonnée et, même en 1305, la ville sera encore châtiée, comme nous le verrons plus loin.

 

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